Que ça fait du bien, un peu de douceur ! Euhhh, douceur, pour notre coin de pays ! ça plafonne encore à 13-14 degrés, mais comparé à ce qu'on a eu pendant 3 mois, c'est déjà le rêve ! Alors, non seulement les plantes, mais aussi les zoziaux se mettent à s'affoler ; moi qui attendais comme chaque année de charmantes mésanges dans mes nichoirs, voilà qu'un autre couple d'amoureux a squatté le fond du jardin : ils se sont mis en tête d'ébrancher mon prunier pour construire une forteresse en haut de mon épicéa. Si tu regardes bien, tu distingues l'Oeuvre !
Génial, non ? on aura des corbinets... euh... corbonneaux.... corbillards ??? Ah mais non ! ce sont des grandes corneilles, on est sauvés ! A part ça, il y a quelques jours je t'ai montré un bourgeon bleu. Voilà ce que ça donne :

Ce sont des hépatiques trilobées (hepatica triloba), de la famille des renonculacées. On les appelle aussi anémones hépatiques. Elles prospèrent dans les sous-bois herbacés d'Europe continentale, et ont une préférence marquée pour les terrains calcaires, ce qui m'arrange particulièrement... Leur corolle comporte 6 à 10 pétales et leurs feuilles - qui se développent seulement en fin de floraison - comportent trois lobes, de sorte qu'on peut les comparer à la forme d'un foie, d'où le nom d'hépatique. Selon la "doctrine des signatures" dont on doit les premières théories à Paracelse (14-15è siècle), le fait de rappeler la forme du foie leur prêtait des vertus thérapeutiques pour soigner cet organe, en particulier pour calmer les "crises de foie". En fait, on reconnaît actuellement plutôt une vertu diurétique à la décoction qu'on obtient par macération de la plante dans de l'eau ou du vin.
Bref, tout ça pour dire, moi je les adore ! Ce sont les premières messagères du printemps. Et si elles se plaisent chez toi, elles se multiplient pour former un joli tapis étoilé sous les bosquets. Donc, je suis fan !
A part cela, les Erica rosissent et les iris tziganes nains cherchent à poindre à côté des sempervirens. Belles perspectives !
A bientôt !